De décembre 2014 à décembre 2016, la gourde s’est dépréciée de plus de 50%.

Economie – La dépréciation de la gourde par rapport au dollar américain s’est poursuivie à un rythme accéléré au cours de ces dernières années.

De 2004 à 2016, la gourde est passée de 38,35 à 67,10 gourdes pour un dollar américain. L’année calendaire est en train de se terminer sur un taux record de dépréciation de l’ordre de 19%. Malgré les efforts entrepris par les gouvernements qui se sont succédé au cours des deux dernières années, l’on n’arrive pas à stabiliser la monnaie locale par rapport à la devise américaine. L’on commence à croire que le problème n’est pas spécifiquement monétaire. En 2015, au cours des trois premiers mois, la dépréciation de la gourde a été contenue du fait des interventions des autorités monétaires sur le marché des changes et de la reprise des transferts privés. Plusieurs économistes, dont Etzer Emile, ont prédit cette décente aux enfers de la monnaie locale. Les interventions des autorités n’ont pas ciblé le système de production. Ce qui portait ces économistes à croire que le problème était mal posé d’autant que le pays fait face, depuis, a un problème de stabilité notamment sur le plan politique. Au cours de l’année 2016, rien de conséquent n’a été fait pour freiner cette décote de la gourde. Il n’y avait pas non plus de solution miracle. Les transferts que reçoit le pays n’ont guère amélioré la situation. Pourtant, vu la situation de dépendance du pays en termes d’importation, la politique d’avoir une monnaie locale forte serait la solution privilégiée. Partout ailleurs, les petits pays producteurs ont tendance à promouvoir une politique visant à déprécier leur monnaie. Cela se fait dans une logique d’encourager les gens à consommer local, à encourager la production nationale. Dans cette catégorie de pays, on peut citer, entre autres, l’Inde où la roupie a à peu près la même valeur par rapport à la monnaie d’Haïti. La dépréciation de ces monnaies a une incidence positive sur l’économie de ces pays. Ce qui n’est pas le cas pour Haïti où la situation actuelle n’est bénéfique que pour une infirme portion de la population. Depuis plusieurs décennies, la production nationale est au point mort. En 2015, le déficit de la balance commerciale d’Haïti se situait autour de trois milliards de dollars américains. Selon les chiffres rendus publics par la Coordination nationale de la sécurité alimentaire (CNSA), au cours de cette année susmentionnée, pour les besoins d’alimentation, la production locale a satisfait seulement 30,43% des besoins du pays. Dans l’économie, selon les spécialistes, tout s’imbrique. Il n’y a pas de situation isolée. Ainsi, la situation actuelle de la monnaie locale s’explique à plusieurs niveaux. En plus de l’aspect purement monétaire et productif, il faut mentionner, par ailleurs, que, si l’on en croit les spécialistes de la Commission économique pour l’Amérique latine et les Caraïbes (CEPALC), le déficit budgétaire important du pays au cours de ces deux années, l’incertitude sur les flux de financement extérieur ainsi que des problèmes spécifiques affectent fortement la gourde. Parmi les problèmes spécifiques, il y a lieu de mentionner l’instabilité politique qui a une incidence directe sur la décote graduelle de la monnaie locale. Pour la région que couvre la CEPALC, sur les 21 monnaies prises en compte dans le cadre d’une étude, la gourde fait partie du top cinq des monnaies les plus dévaluées en 2016. De décembre 2015 à 18 décembre 2016, la monnaie haïtienne s’est dépréciée en valeur nominale de 17,8%. Cela, soutiennent-ils, affectera à coup sûr la croissance économique du pays pour l’année au cours du prochain exercice fiscal. – See more at: http://lenouvelliste.com/article/166764/de-decembre-2014-a-decembre-2016-la-gourde-sest-depreciee-de-plus-de-50#sthash.5KMDogOZ.dpuf

jaj

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